[Publication] Baromètre des Mobilités du Quotidien 2026 : Wimoov présente les résultats de la 4e édition
![[Publication] Baromètre des Mobilités du Quotidien 2026 : Wimoov présente les résultats de la 4e édition [Publication] Baromètre des Mobilités du Quotidien 2026 : Wimoov présente les résultats de la 4e édition](https://www.mobiliteinclusive.com/wp-content/smush-webp/2026/09/Malakoff-3-1200x675.png.webp)
Selon la 4e édition du Baromètre des Mobilités du Quotidien, 17 millions de Français sont désormais en situation de précarité de mobilité, contre 15 millions en 2024. Réalisée par Wimoov avec Ipsos BVA auprès de 13 400 personnes, cette nouvelle édition met en évidence l’ampleur croissante des difficultés de déplacement et leurs conséquences sur le quotidien, la santé et l’autonomie.
Tous les deux ans depuis 2020, le Baromètre des Mobilités du Quotidien dresse un état des lieux des pratiques de déplacement des Français et des situations de précarité qui y sont associées. Pour cette 4e édition, l’enquête a été menée en février 2026 auprès d’un échantillon représentatif de la population française.
La restitution des résultats s’est tenue, le 17 septembre 2026, dans un contexte marqué notamment par une hausse récente des prix du carburant.
17 millions de Français en situation de précarité de mobilité
Premier enseignement de cette 4e édition : la précarité de mobilité continue de progresser. 17 millions de Français sont aujourd’hui concernés, contre 15 millions en 2024 et 13,3 millions lors de la deuxième édition du baromètre.
Cette situation concerne toutes les générations et tous les territoires. Certaines catégories apparaissent toutefois davantage exposées, notamment les jeunes, les personnes vivant sous le seuil de pauvreté, les habitants des quartiers prioritaires, les habitants des territoires ruraux et les demandeurs d’emploi.
Au-delà du nombre de personnes concernées, le baromètre met en évidence des contraintes qui pèsent directement sur les pratiques de déplacement. 47 % des Français estiment ne pas avoir le choix de leur mode de transport et 48 % déclarent renoncer parfois à des déplacements pour faire des économies. Par ailleurs, 38 % ne se déplacent pas tous les jours.
Ces chiffres témoignent d’une mobilité qui reste fortement contrainte pour une part importante de la population, avec des difficultés qui peuvent se cumuler : coût des déplacements, accès limité aux transports, éloignement géographique ou encore absence d’alternative à la voiture.
Des difficultés de mobilité qui ont des conséquences sur le quotidien
La précarité de mobilité ne se limite pas à la question du déplacement. Elle peut également conduire à des renoncements dans d’autres domaines de la vie quotidienne.
Ainsi, 12 % des Français déclarent avoir renoncé à des soins au cours de l’année écoulée pour pouvoir financer leurs déplacements, tandis que 14 % ont renoncé à un rendez-vous médical faute de pouvoir s’y rendre.
Lors de la restitution, David O’Neill, Directeur marketing et prospective de Keolis, a également souligné que les restrictions de déplacement pouvaient avoir des conséquences sur les relations sociales et contribuer à l’isolement.
La mobilité apparaît ainsi comme un enjeu qui dépasse la seule question des transports : elle conditionne l’accès aux soins, à l’emploi, aux services et plus largement aux activités du quotidien.
Les jeunes particulièrement exposés
Les jeunes constituent l’un des publics particulièrement concernés par ces difficultés. 74 % des 18-24 ans ont déjà renoncé à un déplacement, tandis que 36 % ne disposent pas du permis de conduire, principalement pour des raisons financières.
Cette contrainte peut limiter leur autonomie et leur capacité à accéder à certaines opportunités. Lors de la restitution, Alice Sorel, Responsable marketing client de la Macif, a notamment rappelé que 7 jeunes sur 10 souhaitent pouvoir se déplacer plus loin, soulignant l’importance de l’accès à l’information et aux solutions de mobilité dans leur parcours vers l’autonomie.
Les familles monoparentales et les territoires ruraux également concernés
La question du coût des déplacements apparaît également particulièrement sensible pour les familles monoparentales. Pierre Taillant, Economiste au service Transport de l’Ademe, a rappelé lors de la journée qu’elles représentent environ un quart des familles en France et que 80 % d’entre elles sont des femmes.
Dans ces foyers, une hausse du prix du carburant peut avoir un impact direct sur le budget disponible et renforcer les arbitrages entre les différents postes de dépenses.
Les territoires ruraux font également partie des situations mises en avant lors de la restitution. L’éloignement des services et la moindre disponibilité des alternatives à la voiture peuvent renforcer les contraintes de mobilité, comme l’a rappelé Anne Rubinstein, déléguée interministérielle à la prévention et à la lutte contre la pauvreté.
Une connaissance encore limitée des aides et des solutions
Comme lors de la précédente édition, la question de l’accès à l’information reste centrale. Seuls 28 % des Français déclarent connaître les aides à la mobilité durable.
Ce déficit de connaissance peut limiter l’accès aux dispositifs existants, alors même que ceux-ci cherchent précisément à réduire la dépendance à la voiture individuelle et à accompagner les ménages vers des solutions de mobilité plus accessibles et plus durables.
Éric Ollinger, représentant de la DGITM, a présenté à cette occasion plusieurs leviers mobilisables pour répondre simultanément aux enjeux sociaux et environnementaux, parmi lesquels le versement mobilité, les fonds verts et la troisième édition du leasing social.
Éric Steil, Directeur marketing et développement de SNCF Voyageurs, a également souligné que la connaissance des offres de mobilité reste inégale selon les territoires.
De la précarité à la mobilité comme facteur de précarisation
Cette 4e édition fait surtout évoluer la manière d’appréhender le phénomène. La mobilité n’est plus seulement considérée comme une conséquence de la précarité : elle peut également contribuer à la renforcer.
Pour rendre compte de cette réalité, le baromètre croise désormais trois dimensions : les ressources financières des personnes, leurs pratiques de mobilité et leurs conditions de mobilité. Les difficultés de déplacement viennent s’ajouter aux difficultés économiques et sociales existantes, voire les amplifier.
Un enjeu au cœur des politiques publiques
La restitution de cette 4e édition a enfin permis de rappeler le rôle des politiques publiques dans la réduction de ces inégalités. Éric Ollinger a présenté les dispositifs actuellement mobilisables, tandis qu’Anne Rubinstein a souligné l’intérêt du baromètre pour contribuer à l’évaluation des politiques publiques.
En quatre éditions, le nombre de personnes en situation de précarité de mobilité est ainsi passé de 13,3 millions à 17 millions. Cette progression met en évidence la nécessité de continuer à documenter les situations de mobilité contrainte et à mieux faire connaître les solutions disponibles, en tenant compte des réalités propres aux différents publics et territoires.
Informations pratiques :






![[SAVE THE DATE] Lancement de l’Observatoire des PAMS et des stratégies de mobilité solidaire [SAVE THE DATE] Lancement de l’Observatoire des PAMS et des stratégies de mobilité solidaire](https://www.mobiliteinclusive.com/wp-content/smush-webp/2026/07/Malakoff-18-960x720.png.webp)