Projet LEZ4All : à Bruxelles, une journée pour concilier mobilité à faibles émissions et justice sociale

Le 22 septembre 2026, le projet européen LEZ4All, cofinancé par Erasmus+, a tenu sa journée de clôture à Bruxelles. Les partenaires Auxilia Conseil, l’Administration publique de Barcelone, l’autorité en charge de la qualité de l’air dans la Région de Bruxelles-Capitale et l’Université d’Anvers, sont réunis autour d’un projet commun : faire progresser la justice sociale dans les politiques de mobilité à faibles émissions.
Les zones à faibles émissions se multiplient dans les villes européennes pour réduire la pollution de l’air. Leur mise en place soulève cependant une question : celle de leur impact sur les ménages les plus vulnérables, qui peuvent avoir moins d’alternatives pour se déplacer.
LEZ4All, un projet européen sur les zones à faibles émissions et la justice sociale
C’est à cet enjeu que s’est intéressé le projet LEZ4All, cofinancé par le programme Erasmus+. Son objectif : faire progresser l’agenda de la justice sociale dans les politiques de mobilité à basses émissions, afin que la transition soit accessible à toutes et tous.
Cette journée de clôture, organisé à Bruxelles le 22 septembre 2026, a permis de partager les retours d’expérience, de confronter les approches et de discuter des perspectives à l’échelle européenne. Elle a également été l’occasion de présenter les évolutions de la feuille de route bruxelloise pour la mobilité à basses émissions.
Une ouverture consacrée à la justice en matière de transport
La journée a débuté par un mot de la secrétaire d’État chargée de l’environnement de la Région de Bruxelles-Capitale. Deux interventions ont ensuite posé le cadre :
- l’Université d’Anvers a abordé la manière d’intégrer davantage de justice dans les transports, entre réduction de la pollution et amélioration de l’accessibilité ;
- Bruxelles Environnement a dressé l’état des lieux de la mobilité à basses émissions dans la Région et présenté un aperçu des nouvelles mesures.
Première table ronde : promouvoir l’inclusion sociale dans les politiques de mobilité
Intitulée « Une mobilité durable pour tous », la première table ronde a porté sur les mesures, politiques et outils permettant de favoriser l’inclusion sociale dans les stratégies de mobilité durable.
Les échanges ont notamment souligné l’importance de faire dialoguer et mettre autour de la table travailleurs sociaux, professionnels de la mobilité, associations et institutions pour croiser les expertises et de mieux comprendre les réalités vécues par les personnes concernées.
Cette connaissance des usages et des besoins passe également par la collecte d’informations directement auprès des publics. Des outils comme la marche exploratoire peuvent ainsi permettre de mieux percevoir les difficultés rencontrées dans les déplacements quotidiens et d’identifier des pistes d’amélioration concrètes.
Les intervenants ont également insisté sur la nécessité de co-construire les solutions avec les publics concernés, plutôt que de concevoir les dispositifs uniquement depuis les institutions. Cette approche doit notamment prendre en compte des publics susceptibles de rencontrer des obstacles spécifiques, comme les femmes, les migrants ou les personnes LGBTQIA+.
L’enjeu est donc autant de développer de nouvelles infrastructures et solutions de mobilité que de créer les conditions permettant aux personnes concernées de prendre part à leur conception. L’empowerment apparait ainsi comme un levier important pour construire des politiques plus adaptées aux réalités de terrain.
Plusieurs acteurs sont intervenus : Juan Antonio Perez Lopez (DG Move, Commission européenne), Andrea Rosso (Ambassadeur du Pacte européen pour le climat, Links Foundation), Anabel Rubio (La Mirada, Aire métropolitaine de Barcelone), Benjamin Tollet (Molembike) et Aurore Moerman (Bruxelles Mobilité).
Seconde table ronde : la transition sous pression
La seconde table ronde, « La transition de la mobilité sous pression », a abordé les conflits et résistances que peuvent susciter les politiques de mobilité durable dans les villes européennes.
Les intervenants suivants étaient présents : Juan Pablo Orjuela Mendoza (C40), Eva De Vrij (Mobiel 21), Tim Cassiers (BRAL) et Florent Clavier (Métropole du Grand Paris).
Les échanges ont notamment montré que les dynamiques d’opposition peuvent varier fortement selon les territoires. À Paris, par exemple, Florent Clavier (Métropole du Grand Paris) a souligné que le sujet reste encore relativement peu connu du grand public et qu’il existe aujourd’hui peu de mouvements d’opposition structurés autour de ces politiques.
À Bruxelles, Tim Cassiers a, de son côté, replacé les débats sur les mesures de mobilité dans le contexte des engagements climatiques de la Région.
Une question transversale s’est dégagée des échanges : comment faire évoluer le discours sur la transition ? Plusieurs pistes ont été évoquées : s’appuyer sur des exemples concrets, montrer concrètement les effets des politiques, privilégier une communication positive et surtout adapter le discours aux différents publics.
Les participants ont également abordé la question des nuisances sonores, et de la manière dont le bruit pourrait davantage être intégré aux critères pris en compte dans les politiques de mobilité.
Focus sur Bruxelles
L’après midi, un premier atelier était consacré à Bruxelles et aux mesures d’accompagnement liées à la Zone de Basses Émissions de la capitale. L’objectif était notamment d’identifier des approches concrètes pour mieux informer et soutenir les publics vulnérables dans leur transition vers une mobilité durable.
Favoriser une mobilité durable pour les communautés à faibles revenus
Un second atelier a porté sur la collaboration entre les secteurs de la mobilité et du social. À partir des résultats d’un projet Bruxellois, les participants ont exploré la manière dont l’implication des travailleurs sociaux peut contribuer à mieux adapter les mesures de soutien à la mobilité partagée aux besoins des groupes vulnérables.
Ces échanges ont rappelé un enseignement central du projet : pour que la transition soit socialement juste, les politiques de mobilité doivent être pensées avec les acteurs et les personnes qui en vivent concrètement les effets. La coopération entre secteurs, l’écoute des usages et la co-construction apparaissent ainsi comme des conditions essentielles pour transformer les ambitions européennes en solutions adaptées aux territoires.
Informations pratiques :






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